Je voulais écrire un article sur Marie-Paule Belle, que j'ai photographiée en 1984. L'actualité en a décidé autrement.
Le 25 juillet 2026, à Berlin, une camionnette a foncé dans la foule rassemblée pour le Christopher Street Day, la marche des fiertés. Une femme est morte. Vingt-neuf personnes ont été blessées, certaines grièvement. Le suspect, un jeune homme de 21 ans, a pris la fuite, puis attaqué d'autres passants à l'arme blanche avant d'être abattu par la police le lendemain. Les autorités allemandes parlent d'un attentat islamiste.
Alors Marie-Paule Belle attendra. Il y a des jours où l'actualité vous empoigne et ne vous laisse pas le choix du sujet.
Ce qui frappe, une fois de plus, c'est la nature du prétexte. On tue, on blesse, on mutile des gens dont le seul tort est d'aimer autrement, d'être ce qu'ils sont — ce que, pour les croyants parmi eux, leur créateur a voulu qu'ils soient. Et on le fait au nom d'une foi.
Alors une question, simple en apparence, et sans conviction religieuse pour moi qui ne suit pas croyant : est-ce aux hommes d'exécuter les sentences divines ? Les textes, eux, désignent d'autres exécutants. Gabriel, Michel, les messagers, les anges — ce sont eux qui, dans les récits, portent la parole et, parfois, le glaive de Dieu. Pas les hommes.
Si c'est aux messagers que revient ce rôle, alors où vont ceux qui s'arrogent le droit de le tenir à leur place ? Nulle part, sinon en enfer — celui-là même ou ils prétendent envoyer les autres alors qu'en fin de compte, ils en ont fait des martyres.